Biométhane, qu’est-ce que c’est ?

Le biogaz, composé principalement de dioxyde de carbone CO2 et de méthane CH4, est un gaz issu d’un processus naturel de dégradation de matières organiques animales et/ou végétales, en milieu anaérobie (c’est-à-dire en l’absence d’oxygène). Ce processus de dégradation se produit par exemple spontanément dans les marais. Il a été reproduit dans le cadre d’une production industrielle.

La production contrôlée de biogaz porte le nom de « méthanisation ». Les déchets organiques (ou « intrants ») préalablement triés, sont brassés et chauffés à température constante dans une enceinte privée d’oxygène. La digestion des matières organiques produit du biogaz ainsi qu’un résidu plus ou moins pâteux appelé digestat.

Quel que soit le procédé utilisé, le biogaz obtenu doit être épuré pour devenir du « biométhane ». Il est donc débarrassé de ses impuretés et de ses composants indésirables, tels que le dioxyde de carbone (CO2), l’hydrogène sulfurisé (H2S) ou l’eau par exemple. Sa teneur en méthane est alors plus élevée et il atteint une qualité similaire à celle du gaz naturel.

Une fois odorisé et contrôlé par le gestionnaire de réseau, le biométhane peut être injecté dans le réseau de gaz naturel, de façon à en exploiter les bénéfices en dehors du site de production avec les mêmes usages que le gaz naturel (chauffage, cuisson, production d’eau chaude ou de vapeur pour des besoins domestiques ou industriels, carburants pour des véhicules).

A l’horizon 2020, le biométhane pourra également être obtenu à partir de biomasse sèche et ligneuse (bois, paille…) par un procédé non plus biologique mais thermochimique, appelé gazéification, suivi d’un procédé de méthanation qui est une conversion catalytique de l’hydrogène (H2) et du monoxyde de carbone (CO) en méthane. Ce procédé est encore actuellement au stade de la démonstration pré-industrielle.

L’hydrogène nécessaire à la méthanation peut aussi être obtenu par électrolyse en convertissant l’excédent d’énergie électrique sur le réseau en énergie chimique sous forme de gaz hydrogène (H2), par décomposition de molécules d’eau (H2O) : c’est le principe du Power-to-Gas.

A plus long terme, le biométhane pourrait être produit à partir de micro-algues par dégradation biologique.